Poêle à granulés : quelle consommation et comment consommer moins ?

Quelle est la consommation normale d’un poêle à granulés ?

Il n’existe pas une consommation normale unique applicable à tous les poêles à granulés. L’ADEME retient une moyenne de 1 à 2 tonnes de granulés par an pour un appareil utilisé comme chauffage principal. La consommation dépend notamment :

  • de la surface et du volume chauffés ;
  • de la qualité de l’isolation du logement ;
  • des températures extérieures ;
  • de la zone géographique ;
  • de la température de consigne ;
  • de la durée d’utilisation du poêle ;
  • du besoin réel de chauffage du logement. [1]

Il est donc préférable de comparer sa consommation sur plusieurs saisons dans des conditions proches plutôt que de considérer qu’un nombre précis de sacs par jour devrait convenir à tous les logements.

Un hiver froid, une présence plus importante dans la maison ou une température intérieure plus élevée peuvent par exemple augmenter la consommation sans révéler un dysfonctionnement.

Pourquoi mon poêle à granulés consomme-t-il beaucoup ?

Une consommation importante peut avoir plusieurs origines. Certaines dépendent du logement, d’autres de l’installation ou de la manière dont le poêle fonctionne.

Un poêle mal dimensionné peut fonctionner moins efficacement

La puissance du poêle doit correspondre au besoin réel de chauffage du logement.

Les mesures réalisées par l’ADEME sur des poêles à granulés en conditions réelles montrent que le dimensionnement de l’appareil joue un rôle important dans ses performances. Un appareil surdimensionné est davantage amené à fonctionner à faible puissance, une situation dans laquelle certains poêles présentent des performances moins bonnes. [2]

Le choix d’un poêle plus puissant n’est donc pas systématiquement synonyme de meilleur confort ou de consommation réduite.

Le dimensionnement doit prendre en compte le logement, son isolation, les volumes à chauffer et les conditions d’utilisation prévues.

 

 

Régler la température pour éviter de chauffer inutilement

La température demandée au poêle influence directement les besoins de chauffage.

L’ADEME recommande 19 °C dans les pièces de vie lorsqu’elles sont occupées. Elle estime également qu’une diminution de la température de consigne de 1 °C permet en moyenne d’économiser environ 7 % d’énergie consacrée au chauffage. [3] Cela ne signifie pas qu’un poêle consommera systématiquement exactement 7 % de granulés en moins : il s’agit d’un ordre de grandeur portant sur les besoins de chauffage. Mais une température de consigne inutilement élevée augmente nécessairement la quantité de chaleur que l’installation doit produire. La programmation du poêle permet également d’adapter les périodes de chauffe aux moments où le logement est réellement occupé.

L’objectif n’est donc pas nécessairement de chauffer moins longtemps, mais de chauffer au bon moment et à la température réellement nécessaire.

Faut-il utiliser le mode modulation ou le mode marche/arrêt ?

Il n’existe pas un mode de fonctionnement optimal dans toutes les situations. À partir de ses mesures en conditions réelles, l’ADEME recommande de privilégier le mode modulation lorsque le besoin de chauffage est important. Lorsque le besoin est plus faible, le fonctionnement marche/arrêt peut être préférable afin d’éviter un fonctionnement prolongé aux allures les plus basses. [2]

Le comportement dépend cependant du modèle de poêle, de sa régulation et des besoins du logement. Les réglages prévus par le fabricant et les recommandations données lors de la mise en service doivent donc rester la référence.

Peut-on réduire le débit de granulés ou l’arrivée d’air pour consommer moins ?

Modifier soi-même le débit de granulés ou l’arrivée d’air n’est pas une méthode universelle pour réduire sa consommation.

La combustion d’un poêle à granulés repose sur un équilibre entre la quantité de combustible introduite et l’air nécessaire à sa combustion. Les mesures de l’ADEME montrent que ces réglages influencent les performances de l’appareil et ses émissions. [2] Ils peuvent notamment devoir être adaptés lorsqu’un changement de granulés modifie les conditions de combustion.

En revanche, réduire systématiquement l’arrivée d’air ou le débit de granulés sans tenir compte du modèle, du tirage du conduit et des caractéristiques du combustible n’est pas une recommandation valable pour tous les appareils. En cas de consommation anormalement élevée, de mauvaise combustion, d’encrassement inhabituel ou de modification visible de la flamme, mieux vaut faire contrôler les réglages de l’appareil plutôt que les modifier au hasard.

L’entretien du poêle peut-il réduire sa consommation ?

Un poêle à granulés doit être utilisé et entretenu dans de bonnes conditions pour conserver ses performances.

L’ADEME recommande notamment de contrôler les réglages de l’appareil et la fréquence de nettoyage du creuset lors de l’entretien. Elle rappelle également que l’entretien de l’appareil et le ramonage du conduit font partie des bonnes pratiques indispensables au fonctionnement d’un chauffage au bois. [2] [4] Les cendres, poussières et résidus produits pendant la combustion doivent donc être retirés conformément aux préconisations du fabricant.

Un encrassement inhabituel ne doit pas simplement conduire à nettoyer l’appareil plus souvent : il peut également signaler un problème de combustible, de réglage ou de combustion à faire vérifier.

La qualité des granulés influence-t-elle la consommation ?

Les caractéristiques du combustible influencent le fonctionnement du poêle. L’ADEME recommande d’utiliser des granulés certifiés et de les stocker dans de bonnes conditions. [2] [4]

Une certification comme ENplus contrôle notamment des caractéristiques telles que :

  • le taux d’humidité ;
  • le taux de cendres ;
  • la quantité de fines ;
  • la durabilité mécanique ;
  • la densité ;
  • le pouvoir calorifique. [5]

Pour la classe ENplus A1, la teneur en humidité doit notamment être inférieure ou égale à 10 % et le taux de cendres inférieur ou égal à 0,7 %. [5]

Il faut en revanche distinguer les certifications concernant le combustible de celles concernant l’appareil ou son installation. Flamme Verte est un label destiné aux appareils de chauffage au bois, tandis que Qualibois est une qualification destinée aux professionnels qui installent ces équipements. Ni l’un ni l’autre ne constitue une certification de granulés. [6] [7]

Aqua Feu propose notamment à Niort les Granulés du Limousin, certifiés ENplus A1. Le produit commercialisé par Aqua Feu affiche un taux d’humidité inférieur à 8 %, un taux de cendres inférieur ou égal à 0,7 % et un pouvoir calorifique annoncé supérieur ou égal à 4,9 kWh/kg. [8]

Bien stocker ses granulés pour préserver leur qualité

Les granulés sont sensibles à l’humidité.

L’ADEME recommande de conserver les sacs à l’intérieur, dans un endroit sec et aéré et, de préférence, surélevés, par exemple sur une palette. [4] Un stockage adapté permet de préserver les caractéristiques du combustible jusqu’à son utilisation.

Aqua Feu propose également un service de stockage de granulés à Niort permettant d’acheter les palettes à l’avance et de récupérer les sacs progressivement selon les besoins.

Comment savoir si mon poêle consomme réellement trop ?

Avant de conclure à une surconsommation, plusieurs éléments doivent être regardés ensemble :

  • la consommation actuelle par rapport aux saisons précédentes ;
  • les conditions météorologiques ;
  • la température demandée ;
  • le nombre d’heures de fonctionnement ;
  • l’évolution éventuelle de l’isolation ou de l’usage du logement ;
  • le type de granulés utilisé ;
  • l’état d’entretien de l’appareil ;
  • les réglages et le comportement du poêle.

Le repère de 1 à 2 tonnes par an fourni par l’ADEME permet de situer approximativement sa consommation lorsque le poêle constitue le chauffage principal, mais il ne suffit pas à diagnostiquer une anomalie. [1] Une consommation qui augmente brutalement à conditions comparables, accompagnée par exemple d’un encrassement plus rapide ou d’un changement du fonctionnement de l’appareil, mérite en revanche une vérification.

Comment consommer moins de granulés au quotidien ?

Pour limiter sa consommation sans dégrader le fonctionnement du poêle, les principaux leviers sont donc de :

  • demander une température adaptée à l’occupation du logement ;
  • programmer les périodes de chauffe en fonction des besoins ;
  • utiliser les modes de fonctionnement adaptés au besoin de chauffage et au modèle de poêle ;
  • conserver un appareil correctement entretenu ;
  • utiliser des granulés certifiés et correctement stockés ;
  • disposer d’un appareil correctement dimensionné par rapport au logement ;
  • améliorer les performances thermiques du logement lorsque les déperditions sont importantes. [1] [2] [3] [4]

La priorité n’est pas de faire fonctionner le poêle au minimum à tout prix. Elle consiste à obtenir la chaleur nécessaire avec un appareil correctement dimensionné, réglé et utilisé.

Une consommation élevée peut-elle justifier de remplacer son poêle à granulés ?

Une consommation de granulés qui semble importante ne signifie pas nécessairement que le poêle doit être remplacé. Avant d’envisager cette solution, il faut rechercher les causes possibles : température de consigne élevée, changement des habitudes de chauffage, granulés différents, entretien insuffisant, réglages inadaptés ou encore évolution des besoins du logement.

Dans certains cas, le problème peut toutefois venir de l’appareil lui-même.

Un poêle installé depuis plusieurs années peut notamment ne plus correspondre aux besoins actuels du logement. Cela peut être le cas après des travaux d’isolation, une modification des pièces chauffées ou lorsque l’appareil avait initialement été surdimensionné.

Les équipements plus récents peuvent également proposer des systèmes de régulation et de programmation différents de ceux présents sur des générations plus anciennes. Cela ne signifie pas qu’un appareil récent consommera systématiquement moins : le gain dépend avant tout de l’appareil remplacé, du nouveau modèle, du logement et de son utilisation.

Quand envisager le remplacement de son poêle ?

Le remplacement mérite notamment d’être étudié lorsque :

  • les pannes ou interventions deviennent récurrentes ;
  • certaines pièces nécessaires à la réparation deviennent difficiles à obtenir ;
  • l’appareil fonctionne régulièrement dans des conditions peu adaptées aux besoins du logement ;
  • le confort obtenu n’est plus satisfaisant malgré un entretien et des réglages corrects ;
  • des travaux réalisés dans la maison ont fortement modifié les besoins de chauffage ;
  • le coût d’une réparation importante conduit à s’interroger sur la pertinence de conserver l’appareil.

L’âge du poêle ne suffit donc pas, à lui seul, à décider d’un remplacement. Un diagnostic de l’installation et du fonctionnement de l’appareil permet de distinguer un problème pouvant être corrigé d’une situation dans laquelle le remplacement devient pertinent.

Réparer, régler ou remplacer : commencer par identifier la cause

Lorsque la consommation augmente, la première étape consiste à comprendre pourquoi. Un entretien, une vérification des réglages ou une modification des habitudes d’utilisation peut parfois suffire. Dans d’autres situations, notamment lorsque l’appareil n’est plus adapté au logement ou rencontre des problèmes répétés, étudier son remplacement peut être plus pertinent.

Aqua Feu peut vous accompagner pour analyser votre installation et déterminer si votre poêle nécessite simplement une intervention ou s’il est opportun d’étudier un nouvel équipement adapté aux besoins actuels de votre habitation.

Sources utilisées

[1] ADEME – Installer et utiliser un poêle à granulés : consommation moyenne de 1 à 2 tonnes/an et facteurs influençant la consommation. Fiche ADEME sur le poêle à granulés

[2] ADEME – Performances réelles des poêles à granulés : dimensionnement, faible allure, réglages, modulation, marche/arrêt et entretien. Étude ADEME sur les performances réelles

[3] ADEME – Régulation du chauffage : 19 °C dans les pièces de vie occupées et baisse moyenne de 7 % des besoins de chauffage par degré de consigne en moins. Conseils ADEME sur le thermostat

[4] ADEME – Se chauffer au bois : les bons gestes : entretien, granulés certifiés et conditions de stockage. Conseils chauffage au bois ADEME

[5] ENplus – exigences de certification des granulés, dont humidité, cendres, fines et pouvoir calorifique. Certification ENplus

[6] Flamme Verte – périmètre du label, consacré aux appareils de chauffage au bois. Label Flamme Verte

[7] Qualit’EnR – qualification Qualibois, destinée aux professionnels installant des appareils de chauffage au bois. Qualification RGE Qualibois

[8] Aqua Feu – Granulés du Limousin, caractéristiques du produit actuellement commercialisé.